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Dernière modification 24 décembre 2013

"Mountages" en tout genre

Configuration réseau


Présentation

Le montage permet d'accèder à des systèmes de fichiers (filesystem), ceux-ci peuvent être des partitions locales, mais aussi distantes, des disquettes, des jaz, des cdrom et j'en passe. Dans cette page je présente le moyen de monter un filesystem local ou distant manuellement ou automatiquement (automount), que ce soit un filesystem linux ou windows.
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La commande mount

Ce paragraphe n'a pas pour objet de présenter le principe du "mountage", pour cela voir mon cours d'administration système HP-UX, mais plutôt de présenter les options les plus intéressantes. La syntaxe de la commande est la suivante:

mount -f type-de-filesystem -o options filesystem-à-monter répertoire-de-montage

Les types les plus courants sont:
- ext2 (type par défaut), c'est le filesystem linux par défaut,
- vfat, FAT16 ou FAT32 de Win95 ou Win98,
- nfs, filesystem distant se trouvant sur une autre machine,

Sans la mention de -o options, on a les options par défaut, qui sont:
- rw, lecture et écriture
- suid,   prise en  compte les bits Set-UID ou Set-GID des fichiers se trouvant sur le  système monté,
- dev, interpréter   les   fichiers   spéciaux   de périphériques présents  sur  le  système  de fichiers (voir le cours unix pour la signification de fichiers spéciaux),
- exec, permet  l'exécution de fichiers binaires,
- async  toutes les entrées/sorties sur le système de fichiers seront asynchrones (comprenne qui pourra ;-) ...)

D'autres options existent qu'on peut illustrer par cet exemple:

mount -t vfat -o uid=5001,gid=5000,umask=022 /dev/hda1 /windoze

Cette commande permet de monter la partition Windows identifiée par /dev/hda1 dans le répertoire /windoze, l'utilisateur avec l'uid 5001, et appartenant au groupe de gid 5000, sera propriétaire de tous les fichiers. Quand ce dernier créera un fichier, celui-ci aura pour droit 755 (rwxr-xr-x) qui correspond à un umask de 022 en notation octale,  pour simplifier 0 correspond à 7 (rwx), 2 à 5(r-x), 1 à 6(rw-), et 3 à 4(r--).
Pour monter un file system nfs (répertoire /alphonse de la station distante obelix) sur le répertoire d'accrochage /alphonse, on tapera:

mount -t nfs obelix:/alphonse    /alphonse

Pour monter une disquette DOS, on tapera:

mount -t vfat /dev/fd0 /mnt/floppy

NOTE: Le répertoire d'accrochage doit exister, vous devez préalablement le créer avant montage.

La commande umount sert à démonter le filesystem, elle a deux syntaxes possibles:

umount filesystem

ou

umount répertoire-d'acrrochage

Généralement on appelera mount dans une ligne de commande que dans des cas bien précis, on peut tout mettre dans un fichier appelé au boot ou à l'action de la commande mount -a.
 

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Le fichier /etc/fstab

Le fichier possède autant de lignes qu'il y a de filesystem à monter. La syntaxe pour une ligne est la suivante:

filesystem    répertoire-d'accrochage    type de filesystem    options de montage    paramètre pour dump (commande de sauvegarde)    paramètre pour fsck

Pour le paramètre de dump, si on a 0 cela signifie que le filesystem en question ne sera pas sauvegardé à l'appel de dump. Il le sera dans le cas contraire.
Le dernier paramètre correspond à l'ordre dans lequel fsck devra vérifier les filesystems, le premier (celui avec numéro 1), doit être nécessairement la partition /, les autres peuvent être à 2, pour ne demander de vérification, il suffit de mettre 0.
Quelques exemples maintenant:

Montage d'une partition windows dans le répertoire /windoze, l'utilisateur ayant l'uid 5001 et appartenant au groupe d'uid 5000 en sera le propriétaire, les fichiers créés dans cette partition auront pour droit 755 (umask=022 voir plus haut). Les options par défaut sont:  rw,suid,dev,exec,auto,nouser, et async.

/dev/hda1               /windoze                    vfat    uid=5001,gid=5000,umask=022,defaults    0 0

Montage d'une disquette dans le répertoire /mnt/floppy:

/dev/fd0                 /mnt/floppy                 auto    sync,user,noauto,nosuid,nodev,unhide      0 0

Le type de filesystem auto permet en fait  de tester les types suivants : minixextext2,xia,iso9660, il n'y a pas vfat dans la liste, c'est pourquoi je vous conseille de changer auto en vfat, si vous n'avez l'habitude de monter que des disquettes DOS.
L'option user permet qu'un utilisateur ordinaire non root, puisse monter la disquette, pour cela il lui suffira de taper:

mount /dev/fd0 ou /mount /mnt/floppy

L'option noauto permet que la disquette ne soit pas montée au boot, il faut explicitement taper une des deux commandes citées précédemment. On rajoute les options nodev (pas d'interprétation des fichiers spéciaux) et nosuid (pas de prise en compte des bit suid) pour des raisons de sécurité. L'option unhide permet de visualiser aussi les fichiers cachés.

Pour monter  un filesystem nfs, on tapera la ligne:

obelix:/alphonse /alphonse    nfs    defaults 0 0

Une fois que /etc/fstab a été modifiée, il faut soit rebooter pour prendre en compte les modifications, ou tout simplement taper:

mount -a

Tous les filesystems indiqués dans le fichier seront montés sauf ceux qui possèdent l'option noauto, qui demande la saisie explicite de la commande mount (exemple plus haut avec la disquette).

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Montage NFS

NFS ou Network File System (initialement un produit SUN) permet de partager des disques entre stations UNIX, voire entre serveur NFS UNIX et client Windows PC-NFS.

ATTENTION: Vous devez faire en sorte que les uid et gid de vos utilisateurs soient strictement identiques entre votre serveur NFS et vos clients NFS, le mieux est de configurer un domaine NIS.

Installation serveur pour une Mandriva

Pour cela on doit installer les packages nfs-utils-clients et nfs-utils par ailleurs il vous faudra installer préalablement nfs-common.

Pour lancer les services NFS il suffit maintenant de taper

/etc/rc.d/init.d/nfs-common start

/etc/rc.d/init.d/rpcbind start

/etc/rc.d/init.d/nfs-server start

Installation pour une (k)ubuntu

Pour une ubuntu vous devez installer les packages nfs-kernel-server et nfs-common avec apt-get install qui va lancer le daemon dans la foulée. Vous devez également manuellement créer le répertoire /var/lib/nfs/v4recovery.


Configurer la partie serveur NFS
Pour cela on doit configurer la partie serveur, le poste linux qui partagera ses répertoires.

Pour les clients il faudra installer les packages suivants nfs-utils-clients et nfs-common.

Maintenant nous allons configurer les répertoires à exporter et vers quelles machines. Tout cela se passe dans le fichier /etc/exports de la machine serveur NFS qui a pour nom obelix, admettons que vouliez exporter "partager" votre répertoire /alphonse à la station zoulou en lecture écriture (rw) et en lecture seule (ro) à shuttle, le fichier contiendra donc:

/alphonse zoulou(rw) shuttle(ro)

Pour que le fichier soit pris en compte, en tant que root vous devez taper:

exportfs -a

NOTE: A chaque modification de ce fichier, vous devrez taper cette commande pour que la modification soit prise en compte. Pour avoir une idée des répertoires exportés, il suffit de taper

exportfs

Configuration de la partie cliente NFS
Sur une machine cliente NFS pour monter des filesystems exportés par un serveur NFS, vous devez modifier le fichier /etc/fstab. En reprenant notre exemple, sur la machine cliente zoulou, cela donnera la ligne supplémentaire (en plus des montages de partitions habituelles):

obelix:/alphonse    /alphonse    nfs    defaults    0 0

/alphonse (deuxième champ de la ligne) étant le point de montage sur zoulou, c'est un réperoire à créer.

ATTENTION: Ce répertoire doit être vide avant tout montage.

Pour prendre en compte le montage vous devez taper:

mount -a

ATTENTION dans le cas de NFSv4 (mandriva 2010 spring par exemple) il faudra sur le client éditer le fichier /etc/sysconfig/nfs-common et modifiez la ligne suivante comme ceci

NEED_IDMAPD=yes

Il n'y a rien à modifier dans le fichier /etc/sysconfig/nfs pour une config sous Mageia 3

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Monter des partages Windows

On a la possibilité de monter sous linux des partages déclarés sous Windows, en d'autres termes monter des partitions windows d'un poste windows distant. Tout d'abord déclarer le partage sous Windows, nom du poste windoze, aller dans le l'explorateur, cliquez sur la partition à partager (d: par exemple), puis sur le bouton droit de la souris, puis partager, donner comme nom marcel. Donner éventuellement un mot de passe pour l'accès complet (lecture et écriture). Si la commande partager n'existe pas, vous devez d'une part au niveau des propriétés réseau charger le service "Partage des fichiers et imprimantes pour les réseaux Microsoft", vous devez ensuite choisir une ouverture de session principale de type "Ouverture de session windows" et activer le partage de fichiers et imprimantes.

Vous avez besoin du package samba-client pour bénéficier de la commande smbmount.

Pour monter le partage sous /mnt/marcel, tapez maintenant en tant que root la commande:

Partage déclaré en Accès complet sans mot de passe

smbmount //windoze/marcel /mnt/marcel/

Un mot de passe vous sera demandé c'est celui de root, pour éviter d'avoir à rentrer un mot de passe il suffit de taper :

smbmount //windoze/marcel /mnt/marcel/ -o guest

Un rapide coup d'oeil sous /mnt/marcel et on voit que les fichiers et répertoires sont à 755 et le propriétaire est root (de même que le groupe), en d'autres termes seul lui pourra écrire dans la partition.
Pour spécifier un utilisateur précis, par exemple celui qui a l'UID 500 et qui fait parti du groupe ayant le GID 500, on tapera :

smbmount //windoze/marcel /mnt/marcel/ -o uid=501,gid=500,guest

Si vous voulez que tous les utilisateurs du groupe 500, puissent écrire dans le partage monté, il faut changer les droits des fichiers (fmask) et ceux des réperoires (dmask), en les mettant à 775 par exemple.

smbmount //windoze/marcel /mnt/marcel/ -o uid=501,gid=500,fmask=775,dmask=775,guest

Un autre utilisateur pourra donc écrire dans le partage mais le fichier appartiendra toujours à l'utilisateur d'UID 500.

Partage déclaré en Accès selon mot de passe avec mot de passe

En récapitulant ce qu'on vient de dire précédemment, cela nous donne la commande :

smbmount //windoze/marcel /mnt/marcel/ -o password=mot-de-passe,uid=501,gid=500,fmask=775,dmask=775,guest

Pour démonter il suffira de taper :

umount /mnt/marcel

Il sera peut être nécessaire de spéficier le compte windows de connexion, comme ceci

smbmount //windoze/marcel /mnt/marcel/ -o username=compte-windows password=mot-de-passe,uid=501,gid=500,fmask=775,dmask=775,guest
 

NOTE Sur des anciennes versions de smbmount (2.0.3) qu'on retrouvait sur la mandrake 6.0 ou la Red Hat 6.0, la syntaxe est la suivante :

smbmount //windoze/marcel -U toto%mot-de-passe -c "mount /marcel -g 500 -u 501"

On va donc monter le partage dans le répertoire /marcel, l'utilisateur toto (uid 501, du groupe ayant le gid 500 )sera propriétaire des fichiers. Avec la RH6.1 et la Mdk6.1, smbmount est passé à la version 2.0.5a, l'option -c a disparu, du coup pas moyen de lui spécifier un nom d'utilisateur propriétaire des fichiers.

 

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Automountage

Présentation
L'automonteur est un process qui monte et démonte les file systems automatiquement sans avoir à taper la commande mount, les filesystems concernés peuvent être locaux (cdrom, disquette, zip, jaz) ou distants (partage NFS, c'est à dire filesystem d'un poste linux distant). Si le filesystem en question est démonté et qu'un utilisateur essaie d'yn accèder, celui-ci sera automatiquement monté. D'un autre côté si le filesystem n'a pas été accédé depuis un certain temps, le daemon automonter le démontera automatiquement.  L'automontage est intéressant quand les filesystems concernés ne sont pas forcément disponibles (zip non présent, serveur NFS distant éteint, ...), avec un montage NFS classique vous auriez une erreur, voire un blocage complet de la machine en recherche du filesystem à monter, l'automontage permet d'éviter ces blocages, car les filesystems ne sont montés que quand on les utilise.
L'automonteur doit être installé sur la machine cliente, celle où on souhaite monter et démonter des  filesystems (locaux ou distants). Sur la machine serveur, qui partage ses filesystems, on se contentera de configurer correctement /etc/exports.

Installation
Pour installer l'automonteur, vous devez installer le package autofs pour une Mandriva sur la machine cliente  qui requière prélablement l'installation du package nfs-utils-client. Ce dernier en plus d'installer l'exécutable /usr/sbin/automount, installe le fichier de lancement autofs sous /etc/rc.d/init.d.

Pour ubuntu il faudra installer les packages autofs, nfs-common.
Pour Mageia 3 il faut installer les packages autofs et nfs-utils.

Configuration de la machine serveur
Vous devez configurer la machine qui souhaite partager ses filesystems, la configuration est en tout point identique à celle d'un serveur NFS. Vous devez installer le package NFS server (nfs-utils et nfs-utils-client) et configurer /etc/exports. Si l'on veut partager par exemple le répertoire /alphonse et /roger aux machines zoulou en lecture, écriture et le répertoire/rogeren lecture seule à shuttle, et le /mnt/cdrom (le répertoire de montage du CD-ROM) à tout le monde, voici le contenu du dit-fichier.

/alphonse zoulou(rw)
/roger shuttle(ro)
/mnt/cdrom

N'oubliez pas de taper en tant que root exportfs -a pour que le fichier soit pris en compte.

Vous pouvez maintenant lancer le serveur

/etc/rc.d/init.d/nfs-server start

NOTE: C'est particulièrement intéressant de pouvoir exporter des répertoires comme /mnt/zip, /mnt/jaz si vous voulez partager votre lecteur zip ou jaz.

Configuration de l'automontage sur la machine cliente
Admettons que le serveur NFS se nomme obelix, sur la machine cliente, on voudra monter les filesystems nfs /alphonse, /roger et /mnt/cdrom dans /obelix. On souhaite donc avoir l'arborescence suivante sur la machine cliente après automontage:
 
/obelix   roger    
alphonse    
mnt   cdrom

Pour cela on va créer un fichier /etc/auto.master contenant:

/obelix  /etc/auto.obelix --timeout=60

/obelix (à créer préalablement) est donc le point de montage des différents filesystems exportés par obelix, timeout (en secondes) est le temps au bout duquel les filesystems seront automatiquement démontés, s'ils sont non utilisés (non accédés).
On crée ensuite le fichier /etc/auto.obelix contenant:

roger           -fstype=nfs             obelix:/roger
alphonse     -fstype=nfs             obelix:/alphonse
cdrom   -fstype=nfs                    obelix:/mnt/cdrom

Ca y est, on peut lancer l'automonter sur la machine cliente, en lançant:

/etc/rc.d/init.d/autofs start

ou bien encore sur une config récente

systemctl restart autofs

Par la suite au reboot de la machine, le service sera automatiquement lancé.

Utilisation
A l'utilisation l'automontage est particulièrement déconcertant, allez dans le répertoire /obelix, et tapez ls, vous verrez qu'il est vide ! Les répertoires roger, alphonse et /mnt/cdrom n'ont pas été montés. Et pour cause vous n'y avez pas encore accédé, vous devez taper explicitement cd /obelix/roger pour que le répertoire /roger se monte. Au bout de 60 secondes, d'inactivité, le répertoire sera automatiquement démonté et obelix paraîtra à nouveau vide.
Ceci impose de connaître au préalable les noms des filesystems exportés.


 
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